La mémoire d’un agent ne conserve pas seulement des faits. Elle sélectionne ce qui sera retrouvé, résumé puis utilisé pour décider. Une procédure réussie hier peut devenir une mauvaise instruction demain si la cible, la version ou les droits ont changé. Le nom de l’agent peut rester identique alors que les conditions de son action ne le sont plus.
Pour Swarm, je distingue donc l’identité fonctionnelle, nourrie par l’expérience et le contexte, de l’identité authentifiée et de l’autorité réellement accordée. La continuité du comportement n’est pas une continuité automatique des permissions.
Le correctif d’hier appliqué au mauvais environnement
Imaginons une intervention en environnement de test. Un agent résout un incident en réinitialisant un composant et conserve la procédure comme expérience utile. Lors d’une session suivante, une recherche retrouve ce souvenir pour un incident ressemblant, cette fois sur une ressource de production. Le résumé a gardé la commande mais perdu la condition « test uniquement ».
Sans contrôle de contexte, la similitude sémantique peut alors servir de justification à une action hors périmètre. Selon la ressource, une réinitialisation pourrait interrompre un service, supprimer un état utile ou empêcher une investigation.
Une expérience conservée peut soutenir une décision. Elle ne lui transmet pas les permissions de son contexte d’origine.
La bonne question n’est pas seulement « ce souvenir est-il pertinent ? ». Il faut aussi demander de quelle source il vient, quelle version est concernée, dans quelles conditions l’action a réussi et qui peut l’autoriser aujourd’hui. Une recommandation doit rester distincte de l’accord permettant de l’exécuter.
Retrouver une source ne prouve pas sa validité
Une mémoire gouvernée doit permettre de conserver l’original, d’identifier les transformations et de retirer une référence devenue impropre. Une synthèse ne devrait pas effacer une contradiction ou un échec significatif. La provenance aide à enquêter et à qualifier ; elle ne transforme pas un contenu attribué en vérité.
Le Top 10 OWASP des applications agentiques inscrit les risques de ces systèmes dans un cadre de sécurité spécifique. Pour le cas présent, il faut examiner à la fois le contenu repris et l’autorité que le processus lui prête.
Le retrait a également une limite temporelle : supprimer une référence ne retire pas automatiquement les copies déjà transmises à un fournisseur, à un processus ou à une autre instance. Le suivi doit distinguer les sources encore sélectionnables et les contextes déjà délivrés.
Les contrats présents dans Swarm
Le parcours Rust documenté conserve des références de mémoire dans le travail et les reprend dans les objets de préparation de contexte. Il recontrôle certaines conditions de disponibilité et d’appartenance au projet avant le lancement. Une référence absente, hors périmètre ou gérée par un parcours incompatible ne doit pas être traitée comme une préparation réussie.
Ce périmètre ne démontre ni l’injection automatique du contenu de tous les fichiers dans le prompt, ni l’immuabilité de ces fichiers jusqu’à leur consommation, ni l’authentification de l’agent qui les lira. Le catalogue versionné, les résumés, la reprise conversationnelle et les futurs droits de mémoire ne sont pas tous qualifiés globalement dans Rust.
Les contrats d’identité distinguent notamment le principal, l’agent logique, son instance et l’auteur d’un contenu. Cette distinction évite de prendre un nom de rôle pour une identité authentifiée. Elle ne prouve pas à elle seule l’accord d’un humain ou l’identité de bout en bout d’un fournisseur.
Ce qu’il faut observer dans une reprise
Dans notre cas, le processus devrait retrouver la condition d’origine, constater que la cible actuelle diffère et maintenir l’action sensible en attente. Une procédure adaptée et l’autorisation courante peuvent ensuite être examinées. La mémoire reste utile : elle accélère l’analyse sans devenir un raccourci autour du contrôle.
Le code de Swarm permet d’examiner cette séparation progressive entre souvenir, identité et pouvoir d’agir. Son efficacité doit être éprouvée sur les chemins réellement utilisés, y compris les copies et les reprises.

